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THIERRY BOYER (1966-2022). ADIEU L’ARTISTE !

 

Thierry Boyer dans son atelier à Saint-Benoît (Archives DDM)

Le monde associatif, culturel et artistique du Tarn Nord est en deuil. Il vient de perdre l’une de ses figures de proue, partie trop vite à l’âge de cinquante-cinq ans à peine. Thierry Boyer nous laisse orphelin de sa sensibilité, de sa générosité, de sa discrétion et de son élégante sobriété.

C’est en ses termes que s’est déclinée toute son œuvre, dont l’histoire démarre aux Beaux-Arts de Perpignan puis à Toulouse au milieu des années 1990.

Pourtant, avec son art, Boyer ne cessera de parler de son pays, et de ses racines, entre Saint-Benoît-de-Carmaux et Penne du Tarn, tout en évoquant des questions plus globales et universelles.

Tel était le cas avec ses premiers travaux, des sculptures paradoxales utilisant souvent acier et verre, avec cette forme ogivale répétée. Plus que des témoignages sous forme de vestiges d’un passé industriel carmausin tombé en désuétude, il s’agissait d’évoquer un monde tout en contrastes, entre dureté du métal et raffinement du matériaux plus légers, afin de créer une complémentarité mais aussi de chercher le point d’équilibre jusqu’à la quasi rupture.

Deux résidences au Japon et en Norvège plus tard, en proie à un forte sensibilité, l’œuvre de Thierry Boyer a muté pour utiliser d’autres supports (installations, photos, vidéos). La thématique de la rupture s’est alors transposée dans ses Germinoscopes. Structures mi-sculptures mi-architectures, ces deux « cabanes » sont surtout devenues lieu de création où il captait le vivant, le sensible, et l’éphémère du causse près de Saint-Antonin-Noble-Val, dans le cadre d’un projet « bio poétique ».

Exposé à plusieurs reprises au Centre d’art Le LAIT, à Toulouse (oeuvres dans les collections du FRAC), mais aussi récemment au Museum d’Histoire naturelle de Gaillac, à Cordes, ou à l’Atelier Blanc de Villefranche de Rouergue, il aura créé jusqu’au bout, inlassablement, patiemment. La création contemporaine, pour lui, c’était la technique, le faire, et non le verbe : il était, dans cette dernière matière, assez gauche, en tant qu’anti-héros de l’art contemporain.

Thierry Boyer a aussi marqué par sa générosité et son ouverture, qu’il a manifesté dans le monde associatif et culturel : membre fondateur du FabLab de Carmaux en tant que créateur protéiforme, infographiste d’un temps pour le Frigo à Albi, investi dans la défense des droits des LGBT (Diversités Pastel), ou encore animant des ateliers d’arts plastiques pour un accueil de jour de personnes en situation de handicap (GEM Horizons).

> Les obsèques de Thierry Boyer auront lieu le mardi 19 avril à 11h au cimetière de Saint-Benoît-de-Carmaux, suivi d’un temps de partage et d’hommage à son atelier situé à l’Art’Air – Esplanade des Écoles de la même commune.

 
en création dans son atelier de saint benoit (MARS 2022)

Depuis plusieurs mois, Thierry BOYER s’est remis à produire des pièces originales. Au-delà de ses créations autour des Germinoscopes, il a repris possession de son atelier carmausin dans l’ancienne école de Fontgrande. 

C’est autour de corps/silhouettes assemblés selon le concept d’hybridation que son travail se concentre. Cela n’est pas sans rappeler sa résidence au Japon sous forme de recréation.