Germinoscope 1

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Le Germinoscope est une cellule mi-sculpture, mi-architecture, qui me permet de convoquer le monde vivant : à l’origine destinée à observer la germination de plantes, elle est habituellement installée dans un bois de chênes sur le Causse d’Anglars où, éclairée la nuit, elle attire les insectes nocturnes.

J’observe et je photographie ces visiteurs au petit jour, avant qu’ils ne s’échappent. Chaque matin de printemps ou d’été le Germinoscope devient un lieu de foisonnement, de frôlements ou de batailles d’insectes qui cohabitent quelques heures dans le piège de la lumière.

Ce petit monde s’agite devant mes yeux et je tente de capter ces instants imprévisibles et aléatoires de leur existence. Objets d’observation pour l’entomologiste, pour le naturaliste, ces insectes, éléments d’une biodiversité qui ne cesse d’évoluer au rythme des activités humaines, deviennent, à travers leurs images, des supports de pensées et de rêverie. Ils recentrent notre regard, nous imposent leur altérité, nous piègent dans leur mystère.

Ce travail, qu’on pourrait appeler bio-poétique, mêle crainte devant la fragilité du monde et désir d’en saisir les multitudes invisibles.


Le Germinoscope, des insectes et des hommes – Thierry Boyer (s. d.)