Résidence : Musée du Verre

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Les deux pièces réalisées en mai 2013 en collaboration avec les maîtres verriers du Musée du verre de Carmaux d’après le projet de Thierry Boyer ouvrent des perspectives sur un nouveau moment dans l’œuvre de l’artiste. Quasi identiques, les deux créations se composent d’un noyau central opaque en pâte de verre, hérissé de formes ogivales transparentes et d’un vert très organique que l’on trouvait déjà dans les cocons de Boyer, un vert naturel qui rappelle aussi les insectes photographiés dans ses Germinoscopes. La forme des pièces nous renvoie spontanément à la dimension cellulaire, voire moléculaire. Il pourrait s’agir également d’un virus. L’interprétation est ouverte face à cette œuvre énigmatique ce qui la rend poreuse par ricochet, face à notre propre sensibilité.

Le travail sur la lumière et les transparences renforcent cette impression de départ. L’ensemble adjoint au côté esthétisant de l’œuvre et au raffinement du verre appartient au registre du précieux, voire de l’ostentatoire. Boyer renoue aussi avec l’idée de centralité mais la détourne de par la démultiplication des directions des ogives. Le côté organisé de l’industrie laisse ainsi la place au foisonnement de l’organique dans ces pièces jumelles.

Des vestiges de l’industrie locale en passant par l’universel et l’intériorité de l’organique, T. Boyer en arrive à l’élaboration d’un moment artistique aussi sensible que brutal, aussi familier qu’énigmatique, qui parle de notre mémoire enfouie et de nos origines. À ce titre, le travail de Thierry Boyer, initialement quête de racines, s’est hissé au rang de recherche ontologique et essentialiste.


Sans titre – Tony KUNTER (2014)