Sculptures industrielles

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Les premiers travaux que j’ai réalisés constituent des assemblages et des modules déterminés par un matériau d’origine industrielle, récupéré ou bien fabriqué.

Ces pièces réalisées avec des matières de natures contradictoires présentent un état de stabilité, tout en évoquant une menace, un désordre latent. Certaines sculptures ont la capacité de créer des tensions avec le lieu où elles sont exposées. D’autres paraissent, au contraire, attendre une transformation à venir comme si elles y étaient stockées.
Dans mes premières réalisations sont apparues des formes effilées, ogivales, des masses métalliques qui rappelaient l’objet guerrier, archaïque, voire barbare. Ces désirs paradoxaux de destruction et de renouveau, à circonscrire sans cesse, suscitent à la fois la répulsion et l’attirance. Ces éléments identifiant de mon travail n’appellent pas de réaction exclusive de plaisir ou d’angoisse. Leur interprétation ne peut être qu’ambivalente. Le rapport au corps, plus ou moins clairement évoqué laisse entrevoir la fragilité de l’homme et le caractère éphémère de ses œuvres.
Peut-être, cette tension, contenue dans mes réalisations, résulte de l’opposition existant entre la mémoire industrielle dont je me suis imprégné et la confrontation avec des problématiques plus actuelles. Si les premières sculptures étaient fortement influencées par un environnement tombé en désuétude, les dispositifs plus récents, sculptures et photographies tendent à explorer d’autres aspects de notre monde.


Présentation – Thierry Boyer (s. d.)



Ces réalisations de Thierry Boyer sont présentées dans des caisses de contre-plaqué, qui évoquent à la fois le stockage et le transport et font de leur environnement un espace de transit.

A ces pièces font écho des photocopies laser collées sur des boîtes faisant irruption au mur. Tour à tour, photographies des sculptures réalisées ces dernières années et clichés faisant référence à une mémoire muséographique, semblent ironiser sur le dérisoire statut de l’objet extrait de son contexte artistique ou fonctionnel. Par leur aspect désuet, ces propositions mettent en exergue le caractère subjectif de toute image.

Synthèse provisoire de ces nouvelles recherches, pleine de cruauté ludique, « coupe -coupe  » piège la voix du spectateur et le rend acteur à ses dépens : chaque son déclenche un système lumineux qui éclaire par transparence des images de coupe-coupe dont on ne sait s’ils sont des armes ou des outils. Simultanément, un halo lumineux s’échappe d’une caisse vide qui, présume-t-on, contenait les tubes d’acier étêtés se dressant non loin de là. Cet ultime travail rend intelligible les bases d’une réflexion sur les liens entre la perception et la mémoire, oscillant sans cesse entre volonté acharnée de reconstruire le monde et obscur désir de le défaire.


Coupe-Coupe – Nathalie Grangis (s. d.)